Soliris Village 2026 : Quand Bruxelles fait vibrer la solidarité internationale

Soliris Village 2026 : Quand Bruxelles fait vibrer la solidarité internationale

Le 20 juin 2026, le Soliris village se tenait comme l’année précédente sur la Place de la Bourse à Bruxelles. Pour cette seconde édition, la thématique centrale choisie était « ce qui fait de Bruxelles un terreau fertile pour les initiatives solidaires ». Elles avaient comme ambition de mettre en lumière ces initiatives solidaires et les acteur.ices qui les portent.

 

Dès 8 heures 30, la place de la Bourse bat au rythme des pré­pa­ra­tifs. Entre éclats de rire et direc­tives lan­cées à la volée, plu­sieurs petites mains s’at­tellent à trans­for­mer l’es­pace : on monte les struc­tures des stands, on ajuste les affiches et on peau­fine les der­niers réglages tech­niques de la scène. C’est là que se pro­dui­ra un artiste en début d’après-midi. Une course contre la montre qui se joue dans une ambiance joyeuse, mal­gré les 31 degrés affi­chés au ther­mo­mètre qui trans­forment déjà le pavé bruxel­lois en véri­table fournaise.

 

 

Un car­re­four d’engagement associatif 

 

Cette seconde édi­tion ras­sem­blait plu­sieurs asso­cia­tions de la capi­tale autour d’un fil conduc­teur : la soli­da­ri­té inter­na­tio­nale, décli­née à tra­vers des thé­ma­tiques aus­si riches que variées. Au cœur du Vil­lage Soli­ris, la diver­si­té des stands reflé­tait la richesse des enga­ge­ments de la pla­te­forme. En par­cou­rant les allées, on décou­vrait un pano­ra­ma de pro­jets concrets et inter­con­nec­tés : si cer­taines asso­cia­tions met­taient l’ac­cent sur l’é­du­ca­tion et l’é­man­ci­pa­tion des jeunes à tra­vers le par­rai­nage sco­laire, d’autres se concen­traient sur le déve­lop­pe­ment durable via le sou­tien à l’ar­ti­sa­nat local et équi­table. Les ques­tions de san­té et d’ac­cès aux droits fon­da­men­taux étaient éga­le­ment au centre des dis­cus­sions, por­tées par des mili­tants venus par­ta­ger leurs actions de terrain.

 

 

Plu­sieurs citoyen·nes ont prê­té leur voix pour mettre en lumière leurs ini­tia­tives. Sur le ter­rain, les asso­cia­tions par­tagent cette même éner­gie. Une repré­sen­tante de Kwa wrote explique que son orga­ni­sa­tion œuvre pour l’éducation dans la région des Grands Lacs. En for­mant les enseignant·es et en récol­tant des dons, l’as­so­cia­tion per­met aux écoles locales d’of­frir un ensei­gne­ment de qua­li­té. Elle salue l’i­ni­tia­tive du Vil­lage, une oppor­tu­ni­té idéale pour se faire connaître des pas­sants, nouer des contacts et échan­ger avec un public réceptif.

 

De son côté, Miriam pré­sente Yes Afri­Can ! Active en Bel­gique, au Congo et au Bur­ki­na Faso, la struc­ture lutte contre les sté­réo­types racistes et valo­rise l’é­man­ci­pa­tion des afro­des­cen­dants à tra­vers la réha­bi­li­ta­tion de l’His­toire et des savoir-faire afri­cains. Sur son stand, elle pro­po­sait notam­ment des éven­tails et des acces­soires faits main par des arti­sans burkinabés.

Enfin, Fai­za, pré­si­dente de Femmes d’Alger et d’ailleurs, a éga­le­ment par­ta­gé son expé­rience. L’as­so­cia­tion par­ti­cipe notam­ment au fes­ti­val de la culture algé­rienne, un évé­ne­ment qui met en avant les femmes dési­reuses de se lan­cer dans l’en­tre­pre­neu­riat en leur offrant une vitrine pour expo­ser leurs pro­jets. En paral­lèle, l’or­ga­ni­sa­tion déploie un volet d’ac­com­pa­gne­ment cru­cial dédié aux femmes en rémis­sion d’un cancer.

Le par­te­naire ins­ti­tu­tion­nel, qui assure le sou­tien finan­cier de Soli­ris, était lui aus­si au ren­dez-vous pour sou­te­nir l’i­ni­tia­tive. Sophie Willau­mez, col­la­bo­ra­trice chez Brus­sels Inter­na­tio­nal, orga­ni­sa­tion qui sou­tient acti­ve­ment le réseau Soli­ris depuis de nom­breuses années, a accep­té de nous expli­quer ce qu’est selon elle le Soli­ris vil­lage. C’est un ren­dez-vous incon­tour­nable pour mesu­rer l’am­pleur des actions menées à Bruxelles en faveur de la soli­da­ri­té internationale.

Les com­munes Bruxel­loises en pre­mière ligne

L’événement a éga­le­ment démon­tré que la soli­da­ri­té dépasse le cadre asso­cia­tif pour mobi­li­ser les ins­ti­tu­tions locales, à l’instar de la Région bruxel­loise et des com­munes de Molen­beek et d’Ixelles. Anne-Sophie Close, repré­sen­tante de la com­mune d’Ixelles, est venue pré­sen­ter le pro­jet « Ensemble pour Zabab­deh », un vil­lage pales­ti­nien avec lequel la com­mune est jume­lée depuis 2003. Ce par­te­na­riat de longue date s’est his­to­ri­que­ment concen­tré sur l’ac­cès à l’eau potable, notam­ment via la construc­tion de citernes de récu­pé­ra­tion d’eau de pluie pour l’a­gri­cul­ture et les besoins des familles, ain­si que sur des échanges de jeunes via le pro­gramme Erasmus+.

Aujourd’­hui, le contexte impose une dou­lou­reuse réa­li­té. Depuis les évé­ne­ments du 7 octobre 2023, obte­nir des infor­ma­tions directes de Zabab­deh est deve­nu extrê­me­ment dif­fi­cile. La pré­sence d’Ixelles au Soli­ris Vil­lage s’ins­crit donc dans une démarche d’ur­gence : sen­si­bi­li­ser le public et pro­mou­voir une cam­pagne de récolte de fonds. Ces dons per­met­tront de finan­cer direc­te­ment les besoins vitaux expri­més par leurs par­te­naires sur place, qu’il s’a­gisse de colis ali­men­taires, de sco­la­ri­té ou d’ac­cès à l’eau.

Du côté de la com­mune de Molen­beek-Saint-Jean. Yous­ra Hari­gua, ges­tion­naire de pro­jets, y coor­donne des par­te­na­riats de longue date avec le Maroc et le Séné­gal. Au Séné­gal, la com­mune déploie des ini­tia­tives de déve­lop­pe­ment éco­no­mique, notam­ment en struc­tu­rant les mar­chés pour sou­te­nir les femmes actives dans la trans­for­ma­tion de pro­duits locaux. Au Maroc, l’ac­tion phare repose sur le tou­risme rural à tra­vers la créa­tion d’un par­cours de ran­don­née et l’or­ga­ni­sa­tion de for­ma­tions pour pré­ser­ver des métiers en voie de dis­pa­ri­tion, comme le tra­vail du roseau et la poterie.

Cet enga­ge­ment inter­na­tio­nal résonne direc­te­ment sur le ter­ri­toire molen­bee­kois. La com­mune y mène des actions pour visi­bi­li­ser la soli­da­ri­té inter­na­tio­nale et les Objec­tifs de déve­lop­pe­ment durable (ODD). Yous­ra a notam­ment mis en avant un concours d’é­lo­quence ori­gi­nal, orga­ni­sé en paral­lèle d’une expo­si­tion de l’O­NU. Dans cette expo­si­tion, chaque œuvre, réa­li­sée par un enfant, aborde les droits des femmes et des mino­ri­tés. Face à ces toiles, les jeunes de Molen­beek expriment leur propre vision, créant ain­si un espace d’é­change unique et un pré­cieux croi­se­ment de regards.

Pour Ché­rine, l’une des orga­ni­sa­trices, la forte impli­ca­tion de ces dif­fé­rents acteurs résume à elle seule l’es­prit de l’é­vé­ne­ment : « Le mes­sage prin­ci­pal trans­mis à tra­vers cette édi­tion est que Bruxelles est une région soli­daire qui s’ex­plique par le nombre d’as­so­cia­tions et de com­munes enga­gées dans la soli­da­ri­té. La région est soli­daire parce que ceux qui la com­posent le sont. »

Échanges, jeux et vibra­tions musicales

Tout au long de la jour­née, les ani­ma­tions inter­ac­tives et les pro­po­si­tions ori­gi­nales ont ryth­mé la place. Inter­ro­gée sur les moments mar­quants, Camé­lia, l’une des orga­ni­sa­trices confie d’ailleurs qu’il lui est impos­sible d’i­so­ler un seul instant :

« Je ne pour­rais pas choi­sir un moment en par­ti­cu­lier. Ce qui m’a mar­quée, c’est de voir que les membres Soli­ris, asso­cia­tions comme com­munes, ne manquent pas d’i­dées pour ani­mer des acti­vi­tés autour de la soli­da­ri­té, adap­tées aux petit·es et grand·es. Qu’il s’a­gisse du quiz sur les Droits humains ani­mé par les com­munes, de la marelle et du par­cours Bénin-Bel­gique d’Ayon­nah, ou encore de la per­for­mance artis­tique enga­gée d’Arts Migratoires… »

 

La jour­née était ponc­tuée de musique inter­pré­tée par Mas­sine. Pour clô­tu­rer la jour­née, El Hadj (Arts Migra­toire) et Ange ont inter­pré­té leur musique. Pour l’é­quipe orga­ni­sa­trice, ce moment res­te­ra gra­vé comme le véri­table déclic de la journée :

« Le moment fort était les trois pre­mières notes de gui­tares car c’est ça le lan­ce­ment de la dyna­mique et qui a per­mis aux membres, asso­cia­tions, par­ti­ci­pants et com­munes d’embarquer dans un truc dyna­mique du début à la fin. »

 

Por­tée par cette belle éner­gie, la place a ensuite accueilli un débat citoyen ouvert à tous. Pas­sants, curieux et repré­sen­tants asso­cia­tifs ont pris le micro pour échan­ger autour d’une ques­tion cru­ciale : Qu’est-ce qui fait de Bruxelles une ville solidaire ?

Un trem­plin pour l’avenir

 

Le Soli­ris Vil­lage, c’est avant tout une oppor­tu­ni­té pré­cieuse pour les asso­cia­tions et les com­munes bruxel­loises de faire décou­vrir leurs actions soli­daires au grand public. En ces temps de repli sur soi et de crises glo­bales, un tel ras­sem­ble­ment rap­pelle que la soli­da­ri­té n’a pas de fron­tières et que le chan­ge­ment local reste notre plus grande force. Il rap­pelle avec force que Bruxelles, forte de sa diver­si­té cultu­relle, pos­sède un vivier inépui­sable de géné­ro­si­té et d’en­ga­ge­ment citoyen. En jetant des ponts entre la Bel­gique et les quatre coins du monde, les acteurs de la dia­spo­ra prouvent que la soli­da­ri­té inter­na­tio­nale n’est pas un concept abs­trait, mais une réa­li­té vibrante, por­tée par des visages, des his­toires et une volon­té farouche de construire un ave­nir plus juste. Plus qu’un simple mar­ché ou une vitrine asso­cia­tive, cette deuxième édi­tion s’est impo­sée comme un espace essen­tiel de recon­nexion, de fête et d’espoir.

 

Pour la pro­chaine édi­tion, l’é­quipe orga­ni­sa­trice a déjà une ambi­tion claire : lais­ser encore plus d’es­pace aux asso­cia­tions pour que ce vil­lage soit fidèle à leur image, celle d’une Bruxelles plu­rielle, unie et vibrante.

cré­dits pho­to : @YannickCoppens-SPRB-GOB

Lisa Gou­by